Ceci dit. Mardi dernier, ils recevaient une classe du collège de Saint-Céré en visite pédagogique.
J'ai suivi la visite pour voir si je
saurais, avec un peu de mémoire et de bon
sens, me débrouiller pour faire découvrir aux touristes cet
été les secrets de la vie paysanne. Présenter ces demoiselles biquettes "alpines chamoisées" en leur tapotant les cornes, ça ira, même si je ne suis pas capable comme Patrice de donner moult
détails historiques et techniques... mais pour expliquer le processus de la fabrication des fromages et le développement des gentilles bactéries, alors là, fermez vos oreilles, âmes scientifiques
sensibles aux conneries proférées par la néophyte qui a laissé très loin derrière elle ses cours de biologie du lycée... Peut-être serai-je tout simplement plus douée pour confectionner et servir à
ces mêmes touristes quelques goûters faits de fromage blanc à la confiture maison et de tartines de pâté? ça tombe bien, c'est justement cette mission où j'ai choisi de m'investir pour cet été et
je m'en réjouis d'avance! Pendant ce temps Marcus leur fera des tournicotis d'argile sur son tour enchanté, Valérie leur montrera comment on peut faire son pain soi-même à la campagne avec juste de
la farine et quelques secrets, et hop, quel bel été. J'ai oublié de citer Florian, célèbre dans la contrée pour sa passion pour les animaux sauvages de toutes sortes. Il paraît qu'il disparaît
parfois pour pister la gélinette, non c'est pas des blagues et contrairement à ce que vous imaginez, vous, de suite, la gélinette est bien un animal sauvage. Que je ne connais pas d'ailleurs, au
point que j'ignore même si c'est une cousine de la belette, comme quoi j'ai grand besoin de fréquenter un peu ce savant aux allures d'éternel adolescent. Comme dit Patrice : "Connaître tant de
choses, si jeune, c'est énervant". Donc Florian, cet été, va sans doute faire partager son savoir et sa passion, à moins qu'il ne nous emmène dans les ateliers des artisans et producteurs locaux
car j'ai cru comprendre qu'il en avait filmé plusieurs. En tous cas, on est assuré de découvrir la faune locale. C'est vraiment le plus important quand on vient en vacances quelque part, non? Alors
bienvenue à nos chers touristes. Je n'oublie pas qu'il y a moins d'un an, j'étais moi aussi touriste, ignare de la terre, éblouie des mystères de la campagne, alors que peut-être d'ici deux ou
trois mois je maîtriserai magnifiquement la transformation du lait en fromage et des épluchures en compost!Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Entrés dans le vif du sujet, nous avons donc mis la main à la terre (enfin les deux mains, c'est plus efficace!). Chacun son tour, Marcus et moi avons empoigné la grolinette
(sorte de fourche très imposante permettant d'aérer la terre sans bazarder le précieux humus, donc outil indispensable du jardinier écolo), pour préparer le terrain au Pradou. Atmosphère électrique
et magique, ce soir avant la bourrasque, sur la colline brodée à l'ouest de sapins noirs et survolant la vallée et, au loin, au nord, les montagnes bleues qu'on devinait noyées sous la pluie. Si
magique et doux que je me sentais très profondément chez moi dans ce paysage qui rappelle la Corrèze. Pas chez nous hélas mais chez nos amis parisiens! Chacun son tour de rêver en suçant des
cerises pendant que l'autre grolinait et grommelait (toutes ces racines dans la terre!) tandis que les enfants, dans le sillage du labour, recueillaient la terre pour en faire des soupes
imaginaires.
Derniers Commentaires