Les courses à vélo

Publié le par Charlotte

Non, nous ne faisons pas de courses de vélo, nous faisons nos courses à vélo... et c'est déjà du sport ! surtout pour Marcus qui tire la charrette. J'avoue que notre première expédition, pour héroïque et couronnée de succès qu'elle fut, n'a pas été renouvelée. Il faut dire que c'était encore les vacances et que nous étions frais comme des chèvres qui ont passé l'été au pâturage. La cariole attelée au vélo de Marcus, les enfants dedans et moi chargée de porter les courses au retour (la maligne). Nous voilà partis de notre Bretenoux pour le magasin bio de Saint-Céré, 9km par la grand'route - mais ceux qui connaissent les penchants (que dis-je, les obessions) écolos de Marcus auront deviné que nous avons emprunté les chemins où les fissures du goudron laissent jaillir les herbes. Et encore, je me suis battue becs et ongles pour éviter la grimpée forcenée par le chemin du château de Castelnau. "Là-haut, sur la montagne"... Bref le contournement de la colline nous a rajouté quelques kilomètres pour en faire une bonne quinzaine (bonne... pour les cuisses). Sur le chemin une buse prend son envol, le porche de la chapelle à Félines annonce "Elle est bonne Marie" entre les vaches placides et le cimetière (placide aussi, évidemment), plus loin un panneau fleuri annonce "ratafia, vin de noix". A Saint-Céré enfin, à la boutique Coloquinte, (tout à notre désir de nous sentir à la campagne, nous n'avons même pas honte de nous présenter tout suant dans un lieu civilisé), Marcus se renseigne sur les mouvements alternatifs locaux et c'est par la sympathique vendeuse que nous apprenons l'existence du Lieu Commun, association dont je reparlerai. Les courses : du sec et du liquide, mais le transport à vélo en pleine chaleur exclut les yaourts, je comprends maintenant pourquoi c'est un produit typiquement occidental : c'est parce qu'il est lié au règne de la voiture ! Mais non, dit Marcus, il suffit de les acheter près de chez nous... Ah ben, comment n'y avons-nous pas pensé plus tôt !
Retour par les collines de Belmont-Bretenoux, parce que c'est plus court. En fait la côte est si rude qu'il faut descendre de vélo. Le petit prince s'est endormi dans la cariole, le veinard. Sa grande soeur marche à pied à côté de moi, et une fois qu'on a pris de la hauteur, le paysage vaut vraiment la peine qu'on s'est donnée. A perte de vue des collines boisées en forme de volcans, ou tranchées net par des falaises. La route débouche sur un hameau dont les maisons de vieilles pierres ocres sont magnifiquement restaurées. Et puis c'est le plateau sauvage et verdoyant qui rappelle l'Aubrac, peuplé de belles vaches rousses aux yeux noirs. Après Belmont la route descend en serpent, le petit pirate qui s'est réveillé crie dans le vent "On y va ! On y va !". Pour éviter un nouveau détour, nous prenons (sur mon idée) un chemin de vaches. La bonne idée ! Les gros cailloux sous mes pneus de vélo "de ville" me font penser que ce n'est pas non plus un mode de transport qui privilégie la cuisine aux oeufs !
Quelques jours plus tard, le trajet en vélo au supermarché de Biars que je ne nommerai pas était nettement plus pépère, mais moins joli. Alors le soir, rien que pour le plaisir, nous sommes repartis "sur les chemins... à bicyclette" jusqu'à la fromagerie artisanale de Prudhomat. Les cabécous crémeux y sont sublimes et puis figurez-vous que le couple qui élève les chèvres est très engagé dans le Lieu Commun. Décidément tous les chemins mènent exactement là où on a envie d'aller.

Publié dans récits de campagne

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