Rencontres culturelles

Publié le par Charlotte

Cette semaine a été extrêmement riche en rencontres qui m'ouvrent des perspectives locales très intéressantes. Lundi, j'avais rendez-vous au café près du pont avec un membre très actif de l'association Art'Zimuts. Au téléphone j'avais un peu insisté pour le voir, tant j'étais emballée après avoir lu sur son site les projets culturels menés par l'association depuis dix ans, et l'esprit dans lequel il les conduisait : pour et AVEC les gens du pays. (artzimut.free.fr). Je n'ai pas été déçue par ce personnage hors du commun qui a l'intelligence de reconnaître et de faire vivre les talents et l'ouverture d'esprit des gens "de la campagne". Oui, voilà qui est assez à contre-courant des croyances citadines sur "les bouseux", "paysans arriérés et incultes". J'étais évidemment déjà persuadée que c'était des foutaises, mais rencontrer des êtres qui font vibrer la culture en milieu rural est très motivant. Je lui ai donc proposé mon idée de portraits de personnalités du pays, porteurs de mémoires anciennes autour des contes, légendes et croyances. Il a précisé que pour lui la mémoire est vivante, actuelle, et ne doit pas trop s'accrocher au passé. Donc pourquoi ne pas recueillir la mémoire de ce qui s'est passé il y a six mois ou un instant. Je lui ai aussi fait part de l'envie de Marcus : recueillir tout cela mais aussi des techniques artisanales, recettes de cuisine et autres secrets liés à la connaissance de la nature, et livrer ces trésors à des comédiens ou conteurs pour qu'ils les restituent au plus grand nombre. Recueillir oui, mais pourquoi ? Nous étions absolument d'accord sur le fait que le sens ne devait jamais être perdu de vue. Là-dessus est arrivé son ami président de la radio associative Décibel.fm (www.decibelfm.fr), puis Marcus de retour de son rendez-vous. Cela a été une très belle double-rencontre et nous nous sommes quittés en envisageant une suite pour faire avancer ces projets.
Or quelques jours plus tard, sur mon troisième reportage local (cette fois l'inauguration d'un espace jeunes au collège), j'ai retrouvé l'homme de la radio avec son compagnon de travail, et tous deux m'ont proposé d'animer (bénévolement bien sûr) une émission que je pourrais créer moi-même sur leurs ondes.
Tous ces projets promettent d'être passionnants mais par où commencer, quel fil tirer? Livrée à elle-même, la fonctionnaire habituée à accomplir sa tâche hebdomadaire dans son petit bureau devient tantôt folle et tantôt déprimée! Un peu comme la mouche qui a longtemps tapé à la vitre et qui soudain s'envole à l'air libre... mais ivre d'espace, s'écrase, paf.
Tant de promesses et pas un sou tangible. Un si vaste horizon et pas de chemin tracé. Avouez qu'il y a de quoi faire paf. Un coup de blues vendredi, et je suis partie marcher dans les collines. Le contact avec la nature m'a redonné un fil à tisser. Vraiment quel bonheur de vivre ici, non seulement je peux aller contempler les vaches dans les prés quand j'en ai marre de mon ordinateur, mais en plus il n'y a pas que des vaches à qui parler. La campagne intelligente.

Publié dans ça se construit

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