Une autre chèvre est possible

Publié le par Charlotte

Autre lieu, autre projet, autres amis, ceux-là par contre ne quittent presque jamais leur ferme puisqu'il faut chaque jour nourrir et traire les chèvres, dès 6h30 et jusqu'au soir à récolter le foin, fabriquer leurs rocamadours fondants et dodus, les vendre au marché... Je vous passe les détails quotidiens de la rude vie que mènent Valérie et Patrice à la ferme du GAEC de l'Autre Chèvre. Sachant qu'ils n'y sont pas enfermés puisqu'ils sont tous deux fondateurs et alternativement présidents du Lieu commun, fameux dans le pays, et très impliqués dans l'ensemble de la vie associative locale, qu'elle soit militante ou festive. Tous deux sont de parfaits exemples d'agriculteurs totalement modernes, riches du rapport à la nature autant que de réflexions politiques, sociales et écologiques alternatives.
Ceci dit. Mardi dernier
, ils recevaient une classe du collège de Saint-Céré en visite pédagogique. J'ai suivi la visite pour voir si je saurais, avec un peu de mémoire et de bon sens, me débrouiller pour faire découvrir aux touristes cet été les secrets de la vie paysanne. Présenter ces demoiselles biquettes "alpines chamoisées" en leur tapotant les cornes, ça ira, même si je ne suis pas capable comme Patrice de donner moult détails historiques et techniques... mais pour expliquer le processus de la fabrication des fromages et le développement des gentilles bactéries, alors là, fermez vos oreilles, âmes scientifiques sensibles aux conneries proférées par la néophyte qui a laissé très loin derrière elle ses cours de biologie du lycée... Peut-être serai-je tout simplement plus douée pour confectionner et servir à ces mêmes touristes quelques goûters faits de fromage blanc à la confiture maison et de tartines de pâté? ça tombe bien, c'est justement cette mission où j'ai choisi de m'investir pour cet été et je m'en réjouis d'avance! Pendant ce temps Marcus leur fera des tournicotis d'argile sur son tour enchanté, Valérie leur montrera comment on peut faire son pain soi-même à la campagne avec juste de la farine et quelques secrets, et hop, quel bel été. J'ai oublié de citer Florian, célèbre dans la contrée pour sa passion pour les animaux sauvages de toutes sortes. Il paraît qu'il disparaît parfois pour pister la gélinette, non c'est pas des blagues et contrairement à ce que vous imaginez, vous, de suite, la gélinette est bien un animal sauvage. Que je ne connais pas d'ailleurs, au point que j'ignore même si c'est une cousine de la belette, comme quoi j'ai grand besoin de fréquenter un peu ce savant aux allures d'éternel adolescent. Comme dit Patrice : "Connaître tant de choses, si jeune, c'est énervant". Donc Florian, cet été, va sans doute faire partager son savoir et sa passion, à moins qu'il ne nous emmène dans les ateliers des artisans et producteurs locaux car j'ai cru comprendre qu'il en avait filmé plusieurs. En tous cas, on est assuré de découvrir la faune locale. C'est vraiment le plus important quand on vient en vacances quelque part, non? Alors bienvenue à nos chers touristes. Je n'oublie pas qu'il y a moins d'un an, j'étais moi aussi touriste, ignare de la terre, éblouie des mystères de la campagne, alors que peut-être d'ici deux ou trois mois je maîtriserai magnifiquement la transformation du lait en fromage et des épluchures en compost!

Publié dans ça se construit

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Juliette 29/10/2009 23:24


Charlotte, c'est seulement maintenant que je viens de parcourir ton blog... grâce à ton mail annonçant la perte de ton carnet d'adresse... j'ai rebondi sur cet autre mail qui nous donnait des news
de la famille et le chemin d'accès de ton blog. Alors, quoi ? vous en êtes où maintenant de tous vos projets ? que s'est il passé cet été avec cette ferme école ? et ton bouquin ? et Marcus et sa
poterie ?
Bon je vous embrasse tous les 4 bien bien fort...
Juliette


emmanuelle 26/10/2009 17:10


Et alors ? Comment s'est passé votre expérience estivale à la ferme de vos amis ?
Vous semblez avoir arrêter le blog... si c'est le cas, quel dommage ! J'espère que vous allez revenir narrer votre nouvelle vie rurale !Peut-être est-ce parce que vous vous consacrez à votre projet
de livre ?